Crise en Haïti : la visite de David Hale n’a pas changé la donne

De gauche à droite, Edmond Bocchit, Ministre haïtien des Affaires Etrangères, David Hale, Sous-secrétaire d'Etat Américain aux Affaires Politiques, Jovenel Moïse, Président de la République, Michèle Sison, Ambassadrice des Etats-Unis en Haïti, Cynthia Kierscht, sous-secrétaire d’État adjointe et Hervé Denis, Ambassadeur d'Haïti à Washington. Photo: Compte twitter/Président Jovenel Moïse.

Le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires politiques, David Hale, a mis fin vendredi dernier à sa mission en Haïti. Après avoir rencontré le président Jovenel Moïse, l’officiel américain s’est entretenu avec des leaders politiques, dont ceux de l’opposition. M. Hale est parti avec des souhaits. Les proches du chef d’Etat continuent de prôner le respect de son mandat, les opposants, de réclamer sa démission.

« Au cours de sa rencontre avec le président Jovenel Moïse, le sous-secrétaire d’État Hale a souligné la nécessité de donner aux Haïtiens un gouvernement fonctionnel et un avenir plus prospère », a écrit l’ambassade des Etats-Unis en Haïti, sur son compte Twitter. Après sa visite, David Hale a exprimé le vœu à ce que les acteurs trouvent une entente, en vue de débloquer la situation. « Les leaders doivent travailler ensemble pour protéger les droits humains et combattre la corruption », souhaitent les Américains.

Après le voyage du numéro 3 du Département d’Etat américain, rien n’a changé jusqu’ici. Les différents acteurs impliqués dans la crise gardent leur position initiale. Pour l’opposition qui reste attachée à l’Accord de Marriott, la formation d’un gouvernement fonctionnel avec l’actuel président, tel que prôné par les Américains, n’a aucune importance. André Michel est clair : « Pas question de cohabiter avec le président Moïse ». Le #1 de l’exécutif, selon les opposants, souffre d’un déficit de crédibilité et de moralité.

« Jovenel Moïse doit démissionner, pour faciliter la mise en place du gouvernement de transition qui sera suivi notamment de la conférence nationale souveraine », a déclaré une fois de plus André Michel, au terme d’une manifestation réalisée vendredi 6 décembre à Port-au-Prince. Même s’ils ont accepté de s’asseoir avec le Sous-secrétaire d’Etat américain, les opposants ne désamorcent point. D’ailleurs, ils annoncent que le nom du remplaçant de Jovenel Moïse a été déjà choisi.

Si les opposants se radicalisent de plus en plus, le chef de l’Etat de son côté continue de croire en un dialogue, qu’il prône depuis le début de son quinquennat. Lors de la rencontre avec le Sous-secrétaire d’Etat américain, Jovenel Moïse a dit « vouloir dialoguer avec tous les secteurs, pour que la paix revienne en Haïti ».

Dans le camp des partisans du pouvoir, c’est le refrain suivant : « respect du mandat constitutionnel ». « Un président élu doit terminer son mandat. On doit aller vers un accord politique qui inclut le président », a rappelé le chef du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), parti du président de la République. Dans une entrevue accordée au journal Le Nouvelliste, Liné Balthazard indique que cette nouvelle rencontre avec David Hale n’est pas un échec. Au contraire, pour lui, « on est maintenant plus proche d’un dialogue ».

Rappelons que depuis le début de la crise politique, plusieurs émissaires américains se sont rendu en Haïti afin d’inciter à trouver une entente. En seulement deux (2) semaines, trois (3) officiels américains ont visité Haïti, mais les résultats escomptés ne sont toujours pas atteints.

Souce: Loop Haiti

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