L’ex-président de la Fed Paul Volcker s’éteint

PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, AFP Une silhouette à la De Gaulle, un humour pince-sans-rire, Paul Volcker a traversé sa longue carrière de banquier et de grand commis de l’État en artiste de la politique monétaire, doté d’une indépendance farouche.

Paul Volcker, l’ancien président de la Réserve fédérale des États-Unis, qui, au début des années 1980, a relevé les taux d’intérêt à des sommets historiques, est décédé, selon son bureau. Il avait 92 ans.

M. Volcker a pris les rênes de la Fed en août 1979, alors que l’économie américaine glissait sous l’emprise d’une inflation galopante. Les prix à la consommation ont monté en flèche de 13 % en 1979, avant d’afficher une progression similaire l’année suivante. M. Volcker a travaillé sans relâche pour contrôler les prix. Il a fait passer le taux directeur de la banque centrale américaine de 11 % à un niveau record de 20 % à la fin des années 1980 afin de freiner la croissance économique et réduire l’inflation.

Ces taux d’intérêt élevés ont rendu l’emprunt si coûteux pour les particuliers et les entreprises que l’économie s’est affaiblie. En janvier 1980, une récession avait commencé. Cela a duré six mois. Mais une récession plus profonde et plus douloureuse s’est installée en juillet 1981. Elle s’est échelonnée sur 18 mois et a fait bondir le taux chômage à 10,8 % en novembre et décembre 1982, le plus haut niveau observé depuis la Grande Dépression.

M. Volcker a été fortement critiqué publiquement, mais l’inflation a finalement reculé. Cela a permis au président de la Fed d’assouplir la politique monétaire. M. Volcker a quitté la Fed le 11 août 1987, cédant sa place à Alan Greenspan.

La victoire de M. Volcker sur l’inflation est largement attribuée au début de ce que les économistes appellent la « grande modération » -plus de deux décennies de croissance économique généralement stable, de chômage relativement faible et de modestes hausses de prix. Cette période s’est terminée avec la récession mondiale de 2007 à 2009.

Après avoir quitté la Fed, M. Volcker a accepté différents mandats. Il a dirigé une commission pour enquêter sur ce que les banques suisses ont fait avec les avoirs des victimes de l’Holocauste pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Les Nations Unies l’ont chargé d’enquêter sur les allégations de corruption dans un programme des Nations Unies pour fournir une aide alimentaire à l’Irak.

Après la crise financière de 2008, le président Barack Obama l’a recruté comme conseiller économique.

M. Volcker a réclamé un encadrement sur la capacité des banques à négocier sur les marchés financiers avec leur propre argent, plutôt que celui de leurs clients, et à investir dans des fonds spéculatifs. Le règlement, connu sous le nom de « règle Volcker », a été inclus dans un projet de loi de refonte financière de grande envergure adopté en 2010. M. Volcker avait peu de sympathie pour les grandes banques à la suite de la crise financière, qui a nécessité un renflouement de la part des contribuables.

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